Chaque année, près de 1900 élèves participent au Concours de Langue Monégasque. Bien plus qu’une compétition scolaire, ce rendez-vous annuel vise à transmettre une langue, une mémoire et forme, peut-être, les futurs passeurs d’un patrimoine vivant…
Une langue ne survit que si quelqu’un continue de la parler. À Monaco, ce sont les plus jeunes qui prennent le relais. Chaque année, ils sont en moyenne 1900 élèves, scolarisés du CM2 à la Terminale, à participer au Concours de Langue Monégasque, organisé conjointement depuis 1981 par l’Institution Communale, la Direction de l’Education Nationale de la Jeunesse et des Sports et le Comité National des Traditions Monégasques.
Créée dans le but de valoriser l’apprentissage du Monégasque, cette langue vernaculaire que les locaux surnomment « la langue du cœur », cette compétition hautement symbolique incarne avant tout la volonté de la Principauté de transmettre un patrimoine vivant, pilier de la culture et de l’identité monégasque. Fin mai, les épreuves écrites ouvrent la compétition dans les établissements scolaires de Monaco. Au programme : des questions sur la langue mais aussi sur l’Histoire de Monaco. Comme pour tout examen, l’anonymisation est de rigueur.
Seuls les dix meilleurs élèves de chaque niveau se voient ensuite sélectionnés pour les épreuves orales, traditionnellement accueillies dans la Salle du Conseil de la Mairie de Monaco. « Cela ajoute un côté solennel et l’Institution Communale y est très attachée », explique Karyn Ardisson Salopek, Adjointe au Maire en charge de la Culture et membre du jury d’examen. « Pour beaucoup d’élèves, il s’agit aussi d’une première expérience devant un jury, un exercice formateur qui leur servira tout au long de leur parcours », note-t-elle.
Mi-juin, la cérémonie de remise des prix, en présence du Souverain et des plus hautes autorités monégasques, vient clore la compétition. Un moment très attendu, où se mêlent émotions, fierté et esprit de famille. « Monaco reste un village », sourit l’élue. Cette année, ils sont 76 lauréats à avoir été récompensés pour leurs excellents résultats. Un chiffre qui témoigne de l’attachement des jeunes générations à faire vivre ce patrimoine linguistique, cinquante ans après l’introduction obligatoire du Monégasque dans les écoles de la Principauté.
« Les élèves ont bien compris qu’apprendre la langue, c’est tout sauf se replier sur un territoire, c’est se lier à une mémoire collective, à une identité, c’est donc un très bel hommage au pays et à la langue de nos anciens », observe Karyn Ardisson Salopek. Alors que la Principauté compte à ce jour encore sept professeurs de Monégasque en activité, il reste à espérer que certains élèves reprennent le flambeau un jour…
Le saviez-vous ?
• Le Concours de Langue Monégasque existe depuis 1981
• En moyenne, 1 900 élèves, du CM2 à la Terminale, y participent chaque année
• Les 10 meilleurs élèves de chaque niveau sont sélectionnés pour les épreuves orales
• 7 professeurs assurent aujourd’hui l’enseignement du monégasque dans les établissements de la Principauté
• L’enseignement du Monégasque est obligatoire à Monaco depuis 1976