N°23 - JANVIER - FÉVRIER - MARS 2010  
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Max Brousse : le dernier survivant…
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Max Brousse : le dernier survivant…
A 1 an à l’occasion de son baptême en 1924, et aujourd’hui.
 A 1 an à l’occasion de son baptême en 1924, et aujourd’hui.
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Certains noms sont intimement liés à la vie publique de Monaco. Max Brousse est certainement l’un d’entre eux, connu d’abord pour ses fonctions au sein de la Société Monégasque d’Assainissement, mais également pour ses activités syndicales, ou encore ses 40 années passées au Conseil National et 7 années au Conseil Communal. De façon plus discrète, cet homme à la voix portante et au verbe haut a également partagé une passion familiale pour le théâtre. C’est ce dont il a décidé de nous parler, tout en s’égarant dans des souvenirs encore plus personnels, à une époque où l’appartement des parents Brousse est voisin de la famille d’un certain Léo Ferré…
D’un air amusé il tient à nous raconter cette anecdote et nous parlerons ensuite du théâtre. Eté 1942, le père Ferré, Joseph, est exaspéré par ce qu’il considère alors comme une lubie du jeune Léo. Il lui souhaitait une carrière au sein de la SBM… L’histoire démontra qu’il en fut tout autre. Léo ne cesse de jouer du piano et de chanter à tue-tête dans l’appartement. Le père Joseph finit par lui trouver une pièce isolée dans un appartement contigu au sien. Il se trouve que ladite pièce n’est autre que celle qui se situe au-dessus de la chambre de Max Brousse dont une partie de l’adolescence aura donc été bercée par la voix de l’artiste.

Personne ne voudra dire si le goût pour l’expression orale et l’engagement idéologique de Max sont nés dans son lit, inspirés par les compositions de Léo Ferré, mais Max ne tarda pas à suivre son frère aîné, Guy, sur les planches d’un théâtre aménagé pour la première fois dans une certaine Salle du Patronage au Rocher, à l’emplacement actuel du Ministère d’Etat. Ces représentations furent données dans le cadre du Cercle Artistique Saint Nicolas, sous la direction du chanoine Chartier.

Peu de temps après, le frère de Max et quelques amis, dont les frères Gaston et Roger Olivié décident de créer une nouvelle troupe afin de pouvoir y accueillir des actrices, alors interdites au Cercle. Le Studio de Monaco vient d’être conçu en 1938 et un an plus plus tard constitué sous la présidence d’honneur de la Princesse Antoinette qui préside également le Comité Monégasque d’Assistance et de Secours, créé par le Prince Louis II, venant en aide aux familles des appelés.

Le Studio joue au profit du Comité et la première pièce mise en scène sera “Messieurs les ronds de cuir” dans laquelle Max (alors âgé de 16 ans) incarne un vieux conservateur de musée pratiquement gâteux. Dans les années 30, la SBM assurait une grande partie des services publics en Principauté, forte de son pouvoir financier. Mais en 1936, la France autorise les Jeux sur la Côte d’Azur. C’est un coup dur pour la société qui perd ainsi son monopole de fait et doit réduire ses frais d’exploitation. L’Etat reprend l’ensemble de ces services (assainissement, gaz, routes, etc.) avec les locaux et terrains qui les hébergent. L’un d’entre eux est connu comme la buanderie de la SBM, boulevard Albert Ier. C’est précisément dans ce lieu inédit que le Studio de Monaco se voit offrir la possibilité d’y implanter son nouveau siège social. Mais les artistes ayant toujours plein d’idées, la taille des locaux des lavoirs va très rapidement se transformer en Salle des Variétés, permettant ainsi d’y concentrer toutes les activités du théâtre amateur en Principauté.

Dès 1941 et après la guerre, la notoriété du Studio amateur atteint certains professionnels qui fréquentent la Salle des Beaux Arts. C’est Marcel Pagnol qui décide de solliciter la troupe afin de répéter par la lecture les scènes de ses prochains films. Max est de la partie. Il se rappelle les jeudis soirs à la Villa Pagnol, arborant le rôle du boucher dans Manon des Sources.

Max Brousse est intarissable. A lui seul, il pourrait alimenter une chronique trimestrielle dans notre magazine. Le théâtre demeure l’activité qu’il a pratiquée avec le plus de légèreté et de bonheur. Il s’agissait d’une passion familiale. Aujourd’hui, il sourit en rappelant qu’il est le “dernier survivant” des interprètes de la première pièce jouée par le Studio de Monaco. Il aime également saluer le succès du Mondial de Théâtre Amateur qui se réunit tous les 4 ans à Monaco. Il s’agissait à l’origine d’une idée de son frère et de quelques amis (Cellario, Ratti, Badia, etc) qui créèrent initialement cette rencontre avec la section régionale de la Fédération Française de Théâtre Amateur.

Tel un acteur, Max Brousse a bien voulu nous rejoindre pour passer cet agréable moment en sa compagnie. Veste et pochette mauves, RayBan au bout du nez, Max nous a déclamé une infime partie de son histoire. Pour ses amis, il a voulu laisser un souvenir un peu plus long sous la forme d’un DVD enregistré au cours d’une soirée, le 5 mai dernier. Il avait réuni ses proches dans “son” théâtre des Variétés, afin de leur conter ses mémoires… La salle était comble et une standing ovation vint clôturer cet unique One Man Show empli d’émotion.
 
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